Ironman

 

Dimanche 15 juillet, Pierre LAMBRECHT, notre trésorier et papa de Thibaut et d’Adrien, a réalisé un exploit sportif : L’Ironman de BOLTON (Angleterre)

Intense et rempli d’émotions incroyables, c’est un des Ironman les plus exigeants du circuit. Voici ses impressions et son récit :

 

Ø  La natation a été rendue très compliquée car la chaleur des dernières semaines a occasionné une prolifération d’algues dans le plan d’eau dans lequel nous effectuions notre parcours de 3,9 kms, ce qui fait que c’est à peine si on pouvait voir nos mains devant nous en nageant. Donc c’est comme si on nageait dans le noir pendant 1h15 : dès que j’essayais d’accélérer, j’entrais en collision avec quelqu’un que je n’avais pas vu (et idem pour l’autre nageur). Bref : beaucoup de collisions et d’aventure. Je réalise le 572e temps en natation (sur 2500 participants et 2087 finishers) avec 1h18’.

 

Ø  Le parcours vélo était terrible : pour ceux qui connaissent, c’est comme le jogging des 4 cimes pendant 155 kms : montées super abruptes (souvent cachées par les arbres d’ailleurs ce qui fait que parfois on n’avait pas le temps de changer de vitesse donc galère de monter une montée de 16% avec un gros braquet) et surtout descente hyper techniques et dangereuses, avec des routes en très mauvais état, des trous, des gravillons, et des tournants en épingles à cheveux, ce qui fait que les descentes étaient autant exigeantes physiquement que les montées. Néanmoins, le public hyper nombreux amassé tout au long des montées les plus raides, tel le Tour de France, m’a galvanisé et je réalise le 272e temps vélo avec 5h07’.

 

Ø  Et on en vient au plat de résistance : le terrible marathon, 4 tours avec passage dans un parc avec une côte de 500 m à du 20%, suivi d’une loooongue ligne droite de 4 kms en faux plat, et quelques bosses dans le même parc pour terminer le tour. J’étais super bien pendant un tour et demi, puis j’ai coincé et j’ai terminé les 20 derniers kms à l’arrache : j’ai finalement payé mon gros parcours vélo. Heureusement là aussi, les centaines de spectateurs amassés tout au long du parcours m’ont aidé à tenir le coup. Je réalise le 447e temps sur le marathon en 4h22’.

 

Bref en tout, je termine en 11h04’, mais mon classement est de loin le meilleur (357e sur 2087 finishers, 73e de ma catégorie d’âge sur 323), ce qui démontre la grosse difficulté de ce parcours hyper exigeant. Et encore on a eu de la chance car le temps était beau – je ne voudrais pas faire ce parcours vélo sous la pluie.

 

Au-delà de ça, car pour moi l’étalage de mes performances ne sont là que pour gonfler mon ego J, il s’agit quand même d’une aventure extraordinaire, avec toute la préparation physique et logistique, le voyage en avion puis en train avec mon vélo (une première pour moi), le démontage et le remontage de mon vélo, la discussion avec le taximan qui m’a conduit le samedi avec mon vélo jusqu’au départ et la 1ère aire de transition (à 30 kms de Bolton où je logeais et de la 2ème aire de transition), la connaissance d’autres athlètes qui ont eu la gentillesse de me reconduire à Bolton par la suite car je me voyais mal repayer un taxi pour ça (j’en ai recroisé certains après l’arrivée), le breefing d’avant-course dans un auditoire rempli à ras-bord, et surtout surtout des émotions intenses tout au long de la course, avec le lever dimanche à 2h15 et l’arrivée en bus à 4h au départ, l’attente remplie d’appréhension avant la natation, mon xème changement de trajectoire en natation car je voyais que j’avais une fois de plus dévié de la bonne trajectoire pour aller à la bouée suivante – c’est normal on ne voyait rien une fois la tête dans l’eau, les descentes en vélo qui m’ont données beaucoup de sueurs froides où j’étais à bloc sur mes freins et je voyais que j’allais quand même trop vite, et finalement les 2 dernières heures terribles du marathon où j’ai dû puiser (je ne sais toujours pas où) les ressources pour terminer, et pour la 6ème fois, m’entendre dire « Pierre, you are an Ironman » sur la ligne d’arrivée J Je réalise chaque année la chance que j’ai de vivre ces moments incroyables.

 

C’est sûr… Pierre est un passionné qui aime le sport au-delà de la performance. Bravo Pierre !